Le métier d\'assistant(e) familial(e) Une famille témoigne

Une famille témoigne

enfant donnant à manger au lapin  Le CPIE garde toute sa cohérence dans son activité Accueil Social, car à travers les familles d’accueil, les enfants qui leur sont confiés découvrent  le monde rural et apprennent les valeurs d’éco citoyenneté. Or il se trouve que ce même monde rural que l’on cherche à préserver et mettre en valeur devient lui-même véhicule pour préserver et valoriser l’enfant en difficulté ou mal-être.  
Nous, les assistants familiaux, constatons qu’en période de blues, les enfants vont spontanément vers les animaux. Un enfant en manque d’affection trouvera consolation et apaisement en caressant un animal, sans être confronté au conflit de loyauté par rapport à ses propres parents. Un grand jour de cafard, Tom (7 ans) a trouvé réconfort après avoir passé un long moment auprès du poney, des lapins et du chat.
Quelle joie aussi pour David de se promener dans le bois, quitter le chemin pour grimper dans les arbres, sauter sur des branches, et casser celles tombées par terre.  D’ailleurs quand il est rentré au foyer, il a fièrement raconté qu’il avait « découvert la forêt. »   Mais « découvert » comme Indiana Jones découvre. Les activités de plein air et les explorations des espaces ruraux développent une imagination qui permet de construire le monde, pas seulement de le rêver.  Tom, l’enfant en difficulté scolaire, est devenu le héros d’un après-midi.  
acc soc champdor 08Les enfants placés peuvent avoir du mal à se situer dans le va et vient entre leur famille biologique souvent décomposée, leur famille d’accueil, les maisons d’enfants et les référents.  Dans un village avec des voisins installés durablement (et sympathiques !) ils arrivent plus facilement à se repérer.  Ces liens sont forts et sécurisants pour l’enfant.  David (2ans ½) a vite retenu les noms des voisins et a besoin de passer devant leur maison à chaque accueil pour s’assurer qu’ils sont encore là - EUX. Le développement de l’autonomie en milieu rural est connu. Les réflexes de surprotection sont moindres, la peur par conséquence aussi, permettant de conquérir l’autonomie, d’avoir confiance en soi, de ne pas craindre le monde ni de vivre les autres comme des dangers.
Les assistants familiaux essaient d’être à l’écoute de la sensibilité de chaque enfant, pédagogues, patients, et convaincus. Les activités de plein air deviennent support éducatif et de reconstruction de l’enfant.  Mais nous savons que l’on ne peut jamais savoir à l’avance de quelle manière les enfants se saisiront de ce qu’on tente de leur transmettre.
Barbara Herry (extrait de l'Echo des galets n°5)